NON A LA CENSURE EXCESSIVE DES BLOGGEURS!!!
La liberté d'opinion et
d'expression est considérée comme une liberté
fondamentale à l'homme citée à l'article
19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme :
« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre,
sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »
A la Sainte Gisèle, Honneur aux belles-mères
Bonjour aux RG, Gendarmes, Policiers, Douaniers, Journalistes, Agents du Fisc, Partis politiques et autres voyeurs de tout poil !…
Bonjour aussi à ceux qui ne passent jamais par là : mes parents, ma voiture, ma première cigarette et l’ours en peluche de ma tendre enfance.
127ème jour de l’année. Et moi, et moi et moi….
Qui n’a jamais succombé à la tentation de jouer les voyeurs, profitant de la dissimulation par un arbre, un mur, une vitre teintée de voiture, ou du rideau d’une fenêtre afin d’observer les gens
dans leur comportement naturel car non influencé par le regard de l’autre qu’ils ne voient pas et ainsi donc affranchis des règles inconscientes de la vie en société, de la casquette sociale, du
paraître.
Il y a quelques années une étude avait démontré que l’Homme moderne considérait sa voiture comme son espace privé à l’instar de son habitation et qu’il avait ainsi le même relâchement à un feu rouge que s’il se trouvait dans sa salle de bain. A la seule différence, c’est que sa voiture - telle une baie vitrée - offrait une vue à la fois à l‘extérieur mais aussi à l’intérieur. Toujours délicat de se faire surprendre à se mettre un doigt dans le nez quand 17 piétons vous observent en attendant le petit homme vert (pas le martien hein, vous suivez….). Bon tant que c’est une affaire de doigt dans le nez, l’instant de terrible solitude ne dure que quelques secondes. Imaginez les autres actes que vous pourriez être amené à faire, pratiquer ou subir dans votre salle de bain…. Du caractère phallique du levier de vitesse aux possibilités de menottes que permettent les ceintures de sécurité, du caractère zoophile du chien sur la plage arrière qui secoue la tête à chaque virage au caractère bestiale du volant recouvert en peau d’ours, toutes les perversions peuvent ainsi être concentrées dans les quelques 3 mètres cube de votre véhicule.
Mais je m’égare. revenons au sujet du jour à savoir l’observation des gens
dans la rue qui concentrés à leurs affaires ne prennent pas garde du regard des autres. Que de portraits qui pourraient être croqués par une artiste comme « CsansC ». Car mon
inspiration du jour est née de ma visite récente à son exposition actuelle à la médiathèque. Si l’art – comme la religion - se vit avant tout personnellement, chacun en a sa propre interprétation
qui parfois est bien différente entre l’auteur et le spectateur. Voici 10 portraits réels observés un jour dans la rue. Voici mon exposition intitulée
« Underground ». Je ne vous parle pas du réseau d’égouts Vitryat, de ce monde parallèle de la cité rose, de ces galeries souterraines de 33,769 km datant de l’époque romaine,
mais de ce monde réel dont nous ne prenons plus garde.
1-Ces petits adolescents qui - sur le trottoir – font l’apprentissage quasi spéléologique de la mâchoire de l’autre. Malgré le dégoût originel il faut faire comme les grands. De peur d’être
banni, mis au ban de cette société. Mais qu’ils soient rassurés, l’appêtit vient en mangeant.
2-Cette jeune trentenaire qui marche avec détermination jusqu’à la première boîte aux lettres tenant frénétiquement dans sa main la lettre – comme l’athlète tient « le témoin », le
relais - ce petit morceau de rien qui pourtant permet ce lien entre les deux athlètes, entre l’expéditeur et le destinataire de la lettre. Lettre d’amour à son futur, lettre de séparation à son
ancien, lettre d’excuse à sa famille où chèque à un quelconque créancier. Combien de millions de mystères, d’histoires et de drames circulent chaque jour dans ces boîtes jaunes ? Et de
chèques ! Le nouveau « Cerveau » de demain ne s’attaquera plus à une banque où à un train mais il pillera l’ensemble des boîtes aux lettres de France.
3-Cette dame âgée peinant à marcher et dont la respiration rappelle le ronflement des vieilles locomotives si passionnément décrites par Vincenot, tirant avec courage le sac à provision sur
roulette qu’elle aura rempli sur le marché influencée par les talents de tribun de l’épicier du village voisin et par la voix grave mais rassurante du boucher « élevé en
France ».
4-L’homme aux habits de lumière qui aussi bien sous le soleil de plomb que sous la pluie cinglante ramasse chaque jour papiers, mégots et autres détritus symboles de notre société de surconsommation. Qui ne rechigne pas à la tâche comme le « petit âne blanc » marchant chaque jour du même pas tel le Grognard qui – 200 ans plus tôt - parcourait l’Europe depuis les chantiers navals de l’Ouest aux plaines gelées de Moscou.
5-Ce jeune retraité qui par la simple possession d’une laisse assouvit artificiellement son instinct de dominateur égoïste refoulé tout en se donnant bonne conscience de soulager cet animal qu’il kidnappe autoritairement chez lui alors qu’en réalité il fuit quelques minutes durant sa soumission conjugale quotidienne.
6-Cette collégienne qui rentre à pied chez elle après avoir « digéré » le matin les masses volumiques et l’après-midi les compléments d’objets indirects entrecoupés d’une course
d’orientation en sports et d’un hachis parmentier à la cantine. Malgré son cerveau abreuvé de formules et de règles, elle rentre légère. Légère d’avoir fini sa journée. Légère de retrouver le
foyer familial. Légère et rêveuse de son futur, de son avenir quand elle sera plus tard vétérinaire afin de concrétiser sa passion pour les chevaux. Rêveuse et malgré tout anxieuse. Anxieuse de
la note qu’elle aura demain en anglais. Anxieuse de ne pas savoir ce que ressent pour elle ce garçon aux longs cheveux bouclés assis au premier rang de la classe. Anxieuse de savoir ce que maman
aura préparé pour le dîner.
7-Ce commercial en smoking impeccable, rolex à la main droite et portable à la main gauche, qui tel un comédien sur scène fait inconsciemment profiter tous les badauds de sa conversation
avec son patron éloigné d’environ 600 kilomètres. Ce patron à qui il ment et qu’il essaye d’amadouer en expliquant les méthodes malsaines de la concurrence pour justifier ces maigres résultats.
Mensonges qu’il utilise aussi auprès de sa femme prétextant des rendez-vous tardifs et des dîners d’affaires pour justifier son retour au domicile que trois jours plus tard et enrichir pendant ce
temps son univers de lieux de débauches. Mensonges que sa femme savoure car ils lui laissent le temps de s’ébattre avec le patron de son mari qui la couvre de cadeaux avec les commissions que lui
rapportent l’amant trompé. La boucle est bouclée.
8-Ce joggueur, la quarantaine, walk-man sur les oreilles (pourtant walk ça veut dire marcher, pas courir….), baskets aux trois bandes aux pieds, cuissardes et maillot en latex fluorescent pour
mieux pénétrer l’air. Il court, seul, après qui ? Après quoi ? Un corps de 20 ans ? Les abdominaux de son service national ? Sûrement. Peut-être. Il court pour le regard des
autres ? Pour son regard à lui ? Il court pour fuir ? Pourtant il revient toujours à la case départ. Son univers est limité, fermé, comme la bulle dans le Truman’s Show.
9-Cette factrice, à califourchon sur son tout nouveau vélo électrique, bien au chaud dans sa nouvelle tenue encore plus belle que les nouvelles tenues de la gendarmerie. Quel ministère remportera
ce concours du meilleur goût ? La lutte est acharnée. L’apparition et l’obligation des boîtes aux lettres normalisées a été la plus grande révolution de sa vie professionnelle. Fini les
boîtes aux lettres en forme de nid, de cœur, de maison où il était impossible au final d’y insérer une lettre au format A4 comme la feuille d’imposition. A moins que d’être un excellent
gynécologue. Mais rares sont ceux qui se sont recyclés au sein de l’ex ministère des P & TT. Maintenant ces doigts sont protégés, l’ouverture est adaptée. Des beaux doigts qui ne subissent
même plus l’agression des liquides vaisselles car elles choisit ceux qui soignent la peau. Car il faut tout de même faire la vaisselle. Si elle bosse, c’est pour améliorer son pouvoir d’achat,
pas pour son plaisir. Et même si Besancenot a revalorisé ce corps de métier, bosser reste une corvée en plus de ces tâches ménagères quotidiennes. Et puis son mari, il n’aime pas manger en
retard, sinon il rate la météo et ça l’énerve. Il rate le début de la série, du coup il est obligé de regarder la suivante et donc se coucher tard. Un problème quand il faut se lever le
lendemain. Le rendez-vous avec le conseiller de l’ANPE est à 9HOO. A cette heure là, sa femme aura quasi fini sa tournée…
10-Cet homme sans âge, aux cheveux longs et sales, à la barbe style « Robinson ». Il est seul. Sa demeure est le monde comme il aime à le chantonner entre deux bouteilles de la villageoise – conditionnées en plastique recyclable. Développement durable oblige. C’est pour cela que chaque soir, il essaye une nouvelle rue, un nouveau pont, parfois une nouvelle ville comme ces jeunes amoureux, jeunes heureux propriétaires qui essayent chaque soir une nouvelle pièce dans la découverte des mystères de leurs corps. Il ne mendit pas, au mieux par politesse il accepte le don. Parfois un sandwich, souvent une bouteille, quelque fois une pièce, le sésame des grandes surfaces discount. Sa vie, son passé, tout le monde s’en fout. Il était légionnaire. S’il boîte c’est pas pour faire pitié. C’est de la faute de cette saloperie de grenade un jour à Dien Bien Phu. Un nom que les nouvelles générations ne connaissent pas. Normal, c’est pas encore sorti sur la WI ni sur la Play station. Il s’en fout des autres. Depuis bien longtemps. Il attend le moment où il ira retrouver ses camarades restés dans cette maudite cuvette. Il chante Jean-Pax Méfret. Tout bas. Pour lui. Pour garder - avec sa jambe de bois - une seconde trace de cette histoire.
Mais il est tard. Je dois rentrer, Lucette a faim. Je m’éloigne de cet arbre derrière lequel je me suis caché pour observer cet « Underground », ces gens à la fois virtuels et réels ou inversement. Je ne sais plus trop.
CsansC, si tu veux, ces portraits sont pour toi, tels des ingrédients pour une des somptueuses recettes dont tu as le secret.
Avant de partir, Lucette se retourne afin de vérifier que personne ne l’observe…
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