NON A LA CENSURE EXCESSIVE DES BLOGGEURS!!!
La liberté d'opinion et
d'expression est considérée comme une liberté
fondamentale à l'homme citée à l'article
19 de la Déclaration Universelle des Droits de l'Homme :
« Tout individu a droit à la liberté d'opinion et d'expression, ce qui implique le droit de ne pas être inquiété pour ses opinions et celui de chercher, de recevoir et de répandre,
sans considérations de frontières, les informations et les idées par quelque moyen d'expression que ce soit. »
A la Sainte Ida, quel drame que voilà !
Bonjour aux RG, Gendarmes, Policiers, Journalistes, Agents du fisc, Partis politiques et autres voyeurs de tout poil !….
104ème jour de l'année.
AVERTISSEMENT : la lecture de ce qui suit est susceptible de choquer les âmes fragiles !
Je sais que nous sommes dimanche. Je sais que pour certains c’est l’heure des vacances. Je sais que la lecture de ce qui suit pourrait créer chez certains des troubles du sommeil voir du
comportement. En cas de doute, refermez immédiatement cette page. Pour les autres je vous aurais mis en garde.
L’histoire qui suit est particulièrement sordide mais elle est vraie. Le fait de vous la raconter est une thérapie. Trop lourd de garder cela pour moi seul.
Cela s’est passé avant-hier – vendredi 11 avril 2008 – dans la commune de Vitry-le-François, à hauteur du N°96 de la rue Aristide Briand. Je ne fus pas le seul témoin. D’autres je sais ont
assisté à cette insoutenable scène.
Une pluie maligne recouvrait la cité rose d’une fine pellicule d’humidité. Un vent traître l’accompagnait agressant sans honte aucune les cous découverts et les cuisses accessibles des courageux piétons.
Elle était là, gisant sur le trottoir à l’asphalte fraîchement coulé. Sans âge, nue, vierge, elle semblait sereine et apaisée, tel le « dormeur du val ». Je ne l’avais pas remarqué immédiatement. C’est le regard de quelques badauds qui me fit poser mon regard sur elle. Aucun d’eux ne sembla la prendre en pitié. Les regards étaient furtifs comme par honte d’observer ainsi sa nudité. Comme si de rien était, ils poursuivaient leur chemin, après un écart.
Cette indifférence générale me consterna. Comment pouvait-on la laisser ainsi seule allongée sur ce sol humide. Peut être souffrait elle ? Peut être nécessitait elle des soins ? Je me suis dit que les passants avaient peut être peur du verdict et préféraient aller prévenir les secours que de supporter le terrible constat. Peut être était elle sans vie.
Je devais très vite me rendre à la raison. Personne ne semblait vouloir prévenir qui que ce soit. « Non assistance à personne en danger » avais-je envie de leur crier comme pour les contraindre à prendre leurs responsabilités. Mais les mots ne purent franchir la porte de mes lèvres. Les secondes passaient. Des secondes peut-être fatales. Et puis ce froid qui pénétrait son squelette nu.
Comment en était on arrivé là ? Inconsciemment je m’imaginais projeté 4o ans dans le futur. Un monde différent, individualiste, où la souffrance et la mort étaient tellement banales, courantes, tellement normale que l’on y faisait même plus attention. Plus de foi. Plus de loi. Seule la loi du plus fort avait résisté. Il y avait ceux qui mourraient seuls et nus sur le bord de la route. Et ceux qui étaient encore debout.
Le pétrole n’existait plus que dans la mémoire des anciens. Le trou dans la couche d’ozone était devenu abyssal. Il laissait filtrer toutes les agressions de l’univers auxquelles l’être humain n’était pas préparé. Les victimes étaient quotidiennes malgré tous les efforts de la science et de la médecine. Le seul espoir était la prochaine génération, dont l’organisme génétiquement modifié devrait être apte à se défendre. Le clonage humain était devenu monnaie courante.
Mais nous n’étions pas 40 ans plus tard. Nous étions en 2008. Nous étions le vendredi 11 avril 2008 pour être parfaitement précis. Il était 14H56. Les cloches de la Collégiale ne tarderaient pas de sonner les trois coups. Ironie du sort. Les trois coups. Comme au théâtre. Comme si ce corps inerte était l’acte I, scène 1 de la tragédie humaine. Mais nous n’étions pas non plus au théâtre. Nous étions rue Aristide Briand, à hauteur du numéro 96.
Refusant cette fatalité j’ai pris la décision d’accélérer le pas en sa direction. Elle ne pouvait pas finir comme cela. Je ne l’acceptais pas.
Arrivé à moins de trois mètres, alors que toujours aucun mouvement ne faisait naître un signe d’espoir, le drame a soudainement surgit. Je n’y ai pas pris garde de suite. Du moins pas assez tôt. Ce drame avait ce jour pris l’apparence d’un jeune homme en vélo. Baladeur sur les oreilles. Il roulait sur le trottoir en ma direction. Sa vitesse était supérieure à celle que me permettaient mes jambes malgré mes efforts pour tenter l’impossible auprès du corps inerte. Il ne l’a pas vu. Il n’a pas voulu la voir. Et l’irrémédiable c’est produit. Sans bruit, sans éclat ni projection, les pneus crantés de son VTC ne lui ont laissé aucune chance. Il lui a roulé dessus. Sans même s’en rendre compte. Sans que je ne puisse rien y faire. La violence et la brutalité de cet écrasement ont été telles qu’elle n’a pas du souffrir. Le cycliste s’est éloigné. Sans s’arrêter. Sans même se retourner. Sans même un rictus sur son visage d’adolescent. Rien. Pas la moindre émotion.
Alors, lentement je me suis agenouillé. Je n’ai pu que constater les dégâts. L’écrasement des deux pneus étaient bien visibles et le verdict sans surprise. C’était la fin.
La cigarette neuve tombée du paquet d’un « tête en l’air » n’était plus consommable. Le cœur lourd, je me redressai. Les jambes tremblantes je me remis cependant à marcher vers la direction initiale. Avec dégoût je plongeai ma main dans la poche droite de ma veste pour sortir mon paquet.
Je sais c’est dur mais je vous avais mis en garde.
Lucette est triste aujourd’hui !
PS : Bienvenue à Charlotte et Pauline. Félicitations aux parents !
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